La dérive de l’église de béton
La dérive de l’église de béton

La dérive de l’église de béton

La dérive de l’église de béton

Décompte avant la démolition

Rive-sud de Montréal (Quebec), Canada

Il faut remonter à 2014 pour trouver les traces de la dernière cérémonie religieuse dans cette église. Depuis, pratiquement rien n’a bougé entre ses murs. Malgré un entretien minimal, les toiles d’araignées ont commencé à apparaître ici et là entre le mobilier et les fausses plantes vertes. Sans oublier que la structure commence à montrer de plus en plus de signes d’essoufflement. Alors que la cour intérieure a été condamnée face au risque que représente le mur extérieur d’où se sont détachées plusieurs briques au fil du temps, le reste de la structure souffre désespérément de l’usure du temps.

Construit à une époque où tout était contrôlé par l’église, le bâtiment révèle aujourd’hui des lacunes qui n’ont probablement pas été jugées bonnes de corriger dès le départ. Par exemple, les vitraux de fibre de verre sont d’une grande beauté, mais ce matériau n’est pas un très bon isolant et cela en résulte par des factures d’électricité déraisonnables durant les saisons froides.

De plus, bien que l’utilisation du béton et de la brique s’inspire dans le courant des années 60, une modernisation des installations pour une population vieillissante (et à mobilité réduite) s’avère couteuse. Qui plus est, l’établissement est bourré d’amiante et  sa décontamination s’élève à des sommes impossibles à recueillir auprès d’une clientèle de moins en moins nombreuse.

Cela explique donc (en partie) l’état de la situation actuelle. Malgré la grande beauté des lieux, sa fin est inévitable. Sa vente qui doit être signée au début d’octobre 2015 entrainera à court ou moyen terme sa démolition et le vaste terrain qu’occupe l’église, le presbytère et le stationnement seront probablement remplacés par des constructions résidentielles et commerciales d’ici les prochaines années. 

Entre-temps, la paroisse s’efforce à conserver les nombreuses œuvres et ainsi les déménager avant qu’il ne soit trop tard. Mais  un chemin de croix ou un vitrail en béton n’est pas facile à déplacer et ne s’intègre pas nécessairement dans n’importe quelle église.

Cette session photo a été rendue possible grâce à l’autorisation donnée par la paroisse.  

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