Le blog d'Urbex Playground

 

Récits et actualités d'urbexeurs

Blogs

Parce que la beauté se trouve au-delà des contre-plaqués

Consacré au monde de l'exploration urbaine et rural, le blog (ou blogue, c'est selon) d'Urbex Playground vous propose un oeil différent sur ce monde underground (qui l'est de moins en moins). N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires.

La visite qui s'invite!

Règle générale, la première exploration que l’on fait est la plus stressante. On est en terrain inconnu et le moindre bruit résonne à nos oreilles comme un coup de canon. À chaque étage, on s’attend à tomber sur des policiers prêts à nous menotter ou des junkies armés de barres à clous à la recherche de quoi payer leur prochain fix.

L’attrait de l’urbex est de plus en plus grand et, à la vue des milliers de photos que l’on trouve sur le web, de plus en plus de personnes désirent explorer ces lieux mystérieux que sont les endroits abandonnés.

Mais il faut dire que l’illégalité de la chose et les risques encourus a de quoi rebuter plusieurs personnes. Nombreux sont ceux qui ont alors le réflexe de se tourner vers ceux qui explorent déjà, cherchant ainsi à s’inviter lors de leurs prochaines explorations.

Sur Urbex Playground, vous êtes nombreux à m’envoyer des messages me demandant de si vous pouvez vous joindre à moi. Les demandes sont polies (parfois moins) mais mettons les choses au clair voulez-vous : je ne suis pas un guide. Je me balade dans ces endroits pour la photographie, pas pour y trimbaler des étrangers. Explorer ces endroits n’est pas mon métier et je ne veux pas être responsable d’une personne que je ne connais pas.

Pour moi, l’urbex est une passion qui se savoure en solitaire ou en petits groupes. Au-delà de trois, on finit par se marcher sur les pieds et l’inspiration se voit amputer de son espace vital.

Je vous assure que je suis flatté de ces attentions, mais recevoir des courriels qui tiennent en deux phrases et qui se résument à « J’aimerais explorer avec toi. Appelle-moi la prochaine fois », ça ressemble un peu trop à une bouteille lancée à la mer à contre-courant sans se donner la moindre chance.

Parfois, j’ai l’impression que plusieurs de ces demandes proviennent de gens trop paresseux pour trouver leurs propres lieux à explorer. Sur l’île de Montréal seulement, il doit y avoir une centaine de bâtisses abandonnées dont certains se retrouvent même sur les cartes postales. En moins d’une quinzaine de minutes sur Internet, n’importe qui est en mesure d’en trouver un minimum de deux ou trois. Alors quand je vois des gens m’écrire disant que c’est impossible de trouver des spots à Montréal, je reste perplexe face à leurs aptitudes à affronter la vie en général.

Bref, je suis toujours heureux de rencontrer et d’échanger sur l’urbex avec des passionnés, mais de là à jouer les guides touristiques ou à accepter n’importe quel friend request sur Facebook, gardons-nous une petite gêne. Du moins, le temps de se connaître un peu avant!  

PY Lord infiltre l'urbex

C'est vendredi le 24 février prochain que sera diffusé l'épisode "Urbex" de la série Infiltration animé par Pierre-Yves Lord. Dans le cadre de l'émission, ce dernier infiltrera l'urbex "légal", ira ensuite s'amuser dans les égouts et fera un peu de rooftop.

Le résultat final s'étire sur 22 minutes, mais pour en arriver là, de nombreuses rencontres qui ont été nécessaires. Il fallait d’abord nous rassurer. Voir un spotlight sur une discipline qui se plait à passer justement sous le radar a de quoi effrayer le plus farouche des chevreuils.

Nos conditions sine qua none étaient donc nombreuses en échange de notre participation à cette émission: ne pas nommer les endroits abandonnés visités (sauf la prison pour laquelle une autorisation avait été obtenue), ne pas montrer les entrées sans accord, etc.

Malgré tout, l’expérience fut intéressante et le résultat, bien qu’amplifié avec l’ambiance musicale et narrative, est à la hauteur de ce que nous avions discuté. C’est donc un rendez-vous à Z télé vendredi le 24 février à 22h.

Vice Québec parle d'Urbex Playground

Elle avait été donné il y a déjà plusieurs semaines, mais finalement, l'entrevue donnée à Tom Welcker de chez Vice Québec a été publiée ce matin. Jetez-y un coup d'oeil. Perso, je ne suis pas d'accord d'être considéré comme étant un instigateur du mouvement urbex au Québec (une liberté prise par Vice), mais pour le reste, c'est assez fidèle à la conversation que j'ai eu avec le journaliste fort sympathique.

Lisez l'article.

Bookmarks et autres bonnes adresses

Partir en exploration et visiter des lieux abandonnés chargés d’histoire à travers le viseur de mon appareil est assurément la meilleure de toutes les drogues. Mais entre deux doses, il est toujours agréable de jeter un coup d’œil au travail des autres, question de voir comment exploite les autres photographes ces lieux déjà visités ou encore pour rêvasser sur ces bâtiments à l’autre bout de la planète. Voici donc dans l’ordre et dans le désordre quelques bonnes adresses de photographes et de sites web pour qui j’ai le plus grand respect. Bien entendu, il y en aurait beaucoup plus à mettre, mais bon, j’en garde quelques-uns pour un prochain post.

Au Québec :

  • Exploration urbaine (http://www.explorationurbaine.ca/) – C’est ici que j’y ai découvert plusieurs bonnes adresses (aujourd’hui détruites). Le site prend de l’âge et n’est pas mis à jour, mais ça demeure quand même un incontournable pour les détails sur les bâtiments qu’il contient.

Au Canada :

  • UER (https://www.uer.ca/) – très honnêtement, j’ai toujours eu un rapport amour-haine avec ce site. Autant je peux le trouver vieux et moche (le visuel date de 2002), autant il demeure quand même un incontournable.

Aux États-Unis :

  • Detroit Urbex (http://detroiturbex.com/) – beaucoup de bâtiments ont été détruits ou rénovés, mais Detroit reste encore une destination de choix pour les urbexeurs.

 

Et un peu partout ailleurs :

Il y a également une tonne de pages Facebook, de compte Flickr, de groupes, de forums et d’autres endroits sur le web où s’échangent des photos, conseils, adresses et autres infos. Mais ça, ça sera pour un autre post…

N’hésitez pas à mettre les vôtres en commentaire !

L'Actualité traite de l'urbex

Petite entrevue que j'ai donné il y a déjà quelques moins au magazine L'actualité et qui est aujourd'hui disponible sur leur site web. L'article n'est disponible que sur leur plateforme web, bien que L'actualité soit avant tout un magazine papier.

Bref, jetez-y un petit coup d'oeil en cliquant ici!

Le top 5

C’est probablement l’une des questions qu’un explorateur se fait le plus souvent poser : quel est ton meilleur spot à vie ?

Je n’ai jamais su quoi répondre à cette question parce qu’à mes yeux, le meilleur est toujours le dernier où je suis allé, celui encore chaud à l’esprit et dont les photos ne sont pas encore traitées. Néanmoins, voici, après mures réflexions mon top 5 des spots que j’ai visités au cours des dernières années. Bien entendu, ça reste personnel et je ne doute pas un seul instant que les autres urbexeurs auraient une liste totalement différente !

#5 - La maison au gramophone

Le genre de place qu’on ne voit pas souvent. Meublé et avec tout le matériel laissé derrière par son dernier occupant, il y règne une ambiance du siècle passé qui détonne avec la modernité des maisons d’aujourd’hui. L’endroit est sale, mais d’une grande beauté.

Jetez-y un coup d'oeil

#4 - La Canada Malting

Un classique parmi les classiques. Elle est le véritable emblème de l’exploration urbaine de Montréal. Malgré les années d’abandon, elle demeure d’une grande beauté. D'ailleurs, la vue à son sommet a de quoi surprendre. Dommage que les soudeurs du propriétaire y soient si actifs.

Jetez-y un coup d'oeil

#3 - Le vieil incinérateur #3

Un incontournable. Lors de ma visite, l’endroit était vandalisé, mais somme toute bien conservé. Sa grande console verte et sa fosse profonde de plusieurs dizaines de mètres rendent l’endroit unique.

Jetez-y un coup d'oeil

#2 – Mine abandonnée

Assurément pas le genre d’endroit qu’on a l’habitude de voir. J’ai déjà visité la mine transformée en musée à Capelton dans les Cantons-de-l’Est, mais entre une mine aménagée et abandonnée, il y a un monde de différence. Déjà, le fait d’avoir les deux pieds dans l’eau, de marcher dans la noirceur la plus complète (dès qu’on ferme les lampes de poche) a de quoi vous créer une belle atmosphère.

Jetez-y un coup d'oeil

#1 – Prison abandonnée

Sans farce, comment ne peut-on pas mettre au sommet de sa liste une prison abandonnée depuis une dizaine d’années et qui n’a pas été (trop) vandalisée. Impossible de ne pas trouver son petit bonheur dans un bâtiment aussi photogénique. Les nombreuses heures de route requises pour s’y rendre en valent amplement la peine. 

Jetez-y un coup d'oeil

On descend dans les égouts

Ça faisait un bail que je regardais les superbes photos des « drainers » de Montréal et d’ailleurs. Les « drainers » sont ces explorateurs qui explorent, photographient et documentent les égouts. Les adeptes pratiquant à Montréal cette discipline régulièrement se comptent pratiquement sur les doigts d’une main. Pourtant, les structures qu’ils explorent sont d’une grande beauté et les photos qu’ils en tirent sont incroyables.

Bon, on sera d’accord sur un point ou deux à ce qui a trait à la propreté des lieux. À vrai dire, on est plutôt loin de l’ambiance très léchée d’un studio de photo. Et l’odeur, bien que moins pire de ce qu’on pourrait s’attendre, est néanmoins à des années-lumière de cette petite odeur agréable de sapin de noël fraichement installé dans le salon.

Pourtant, c’est à l’extérieur du drain, d’où émane le gros de cette puanteur. Une fois sous terre, ça reste, somme toute (et donc, relativement), respirable. Un peu comme si vous restiez dans une salle de bain après avoir fait une selle. Ça pue, mais on s’habitue.

Pour le reste, oui, il y a des rats. Moins gros et plus discret à ce qu’on pourrait s’attendre. On a eu la « chance » d’en voir deux, mais pour le reste, parait que c’est plutôt rare de les voir. Et avant que vous demandiez, non, je n’ai vu ni alligator ni tortue ninja.

Les résidus qui se sont solidifiés au fond de cette eau noirâtre rendent l’avancée hasardeuse. Le non-initié a tendance à chercher l’équilibre sans toucher les murs, se rappelant qu’il veut prendre des photos sans trop salir son matériel. Au loin, un bruit incessant d’une chute d’eau arrive à couvrir les conversations qu’on essaie d’avoir.

L’humidité rend la photographie difficile, car il flotte en permanence un brouillard qui décourage le plus entêté des photographes. Au total, j’aurai pris qu’une dizaine de photos de qualité plutôt moyenne.

Bref, une autre visite s’impose, même si je n’ai toujours pas décidé si j’aimais ça ou non…

Par contre, je peux vous dire que même si je suis revenu très tard dans la nuit, j’ai quand même passé plus d’une heure à désinfecter tout mon matériel photo… 

La commercialisation de l’urbex

Je l’ai souvent dit : l’urbex n’est pas une philosophie issue d’un bloc monolithique. Chaque urbexeur la saupoudre à sa sauce et se l’approprie à sa façon. Certains préfèrent se balader sans prendre de photos alors que d’autres préfèrent y laisser leur trace. Je n’ai pas à les juger, bien que je n’aie pas à endosser leurs actions. L’urbex n’est pas un club où on obtient une carte de membre en suivant les lignes du parti.

Par contre, quand je tombe sur des sites qui cherchent à commercialiser l’urbex, ça me laisse un petit goût amer dans le fond de la gorge. Entendons-nous bien, je suis le premier à tirer profit de mes photos que je vends, des bandeaux publicitaires sur le site qui me rapportent quelques dollars et cette visibilité qui, ultimement, me permettent d’obtenir des contrats photographiques.

Mais quand je vois des gens essayer de commercialiser l’urbex comme s’il s’agissait d’un objet de consommation, ça m’irrite un peu plus. Que ça soit de vendre la localisation des spots, des t-shirts ou autres produits dérivés, je sens qu’on s’éloigne de plus en plus des racines du mouvement créé au début des années 1980.

Le dernier en liste est ce groupe français qui veut se définir comme une nouvelle compagnie d'Urbex à sensation et qui propose de dormir dans un spot abandonné si 500 likes sont atteints sur leur vidéo. Franchement ! Et après, qu’est-ce que ça sera ? « Partagez 1000 fois notre vidéo et venez avec nous »? « Atteignons 5000$ en dons et nous dévoilons tous nos spots »?

Définitivement, il commence à y avoir quelque chose de pourri au royaume de l’urbex…

Conférence sur l'urbex

Le 21 septembre prochain, vous êtes invités à venir assister à une conférence sur l'urbex à la Vitrine créative située à Beloeil. J'y expliquerai ce qu'est l'urbex, les implications judicières, mon travail et bien plus encore. Tous les détails sont disponibles sur la page de la vitrine. C'est un rendez-vous!

Les questions et commentaires sont les bienvenus.

Les Gaspésiens sont incroyables

Les Gaspésiens sont incroyables. Photographier des maisons abandonnées avec des autorisations est d'une facilité déconcertante. Tout le monde se connait et rejoindre les propriétaires par téléphone ou en personne se fait toujours en l'espace de quelques minutes.

C'est clair que la raison de ma présence en Gaspésie était une excellente entrée en matière (j'y étais pour du repérage en vue d'une émission de télé), mais au-delà de ça, la gentillesse de ces gens a de quoi détonner avec la méfiance (normale) des Montréalais.

Durant cette visite éclair de quelques jours, j'ai eu la chance de visiter plusieurs lieux incroyables que l'on ne retrouve pas ailleurs. Par exemple, j'ai photographié hier un vieux cinéma paroissial datant des années 20 où un bénévole y engouffre tout son temps et son énergie afin de le conserver face à une ville qui n'y trouve ni l'argent ni l'intérêt de le mettre en valeur. Un peu plus loin, une école fermée en 1996 devenu un entrepôt/bazar où le propriétaire achète tout (et quand je dis tout, c'est vraiment tout) afin de le revendre durant les week-ends. Lors de ma visite, un huissier est d'ailleurs venu le voir afin de palper son intérêt à racheter le contenu d'une maison saisie par la banque. Bref, le genre d'endroit à ce point rempli que s'entasse à l'arrière du bâtiment ce qui ne peut être rentré, faute de place. Ah oui, il a aussi une grange à la maison où se trouve son surplus...

Ce même propriétaire entretient également la maison d'une vieille dame retournée vivre en Angleterre, laissant derrière une propriété figée dans le temps. L'intérieur est d'une beauté sans nom. Entre cette petite pièce à la tapisserie en velours où se trouve un petit orgue avec une octave(ou deux) en moins et ce salon où un antiquaire vendrait sa mère pour en acheter le contenu, c'était un véritable bonheur d'y faire quelques photos.

Et ça, ce n'était que le premier jour.

Le lendemain, après quelques heures de route, je me suis retrouvé dans une petite ville de la Baie des Chaleurs à y photographier une vieille forge où le propriétaire, du haut de sa soixantaine avancée, m'a fait un véritable cours 101 du travail de forgeron de l'époque de son père. J'ai même eu droit à un second cours typiquement gaspésien: comment faire cuire son homard de la BONNE façon; à savoir une tasse de sel par galon d'eau.

Un peu plus loin, j'ai pu accéder à un ancien magasin général datant d'avant 1900. Encore une fois, le propriétaire, un vieil anglophone d'une gentillesse déconcertante, m'a fait revivre sa jeunesse à travers ce vieux frigo au kérosène, ses étagères montant au plafond où il fallait jouer d'astuce  pour y grimper au sommet en passant par le second étage où se trouvaient encore de vieux vêtements datant d'une autre époque.

Il m'a même amené à quelques kilomètres de là dans une vieille église protestante aujourd'hui fermée où se trouve encore tous les meubles et accessoires. Seuls les dégâts au toit et les mouches mortes témoignent de l'abandon de l'endroit.

Et me voilà ce matin, à 5h sur le perron de mon gîte à y respirer cet air salin une dernière fois avant de reprendre la route pour la maison. Quatre jours pour ce contrat, c'est définitivement trop court. Je vais devoir trouver les arguments pour me refaire ça! Fort heureusement pour moi, ils sont très contents du résultat.

Entre-temps, les bateaux de pêche rentrent au port. Je crois que je vais aller chercher  deux homards fraichement pêchés pour ma blonde et ma fille...

Subscribe to RSS - blogs